peur de dire la vérité à ta maman qui pue

  l’homme quand il vient n’aime personne, son cul
  tire la langue à tout l’monde, à l’essence-même
  s’il en a l’envergue. je suis un sage, se dit-il et comme un sage je
  me tais, je salive je
  déborde de la page, j’aime pas les petites filles, pas les petits garçons
  je mords les animaux

  je m’abrite sous ton pouce, on appelle ça un abri-pouce, on ne rencontre de pitié que là où elle coûte si peu que l’âme est pure, oh si pure…
  un homme est mort et nul ne pleure dessus, pas même sa mère et quand bien mort cet homme
  ne pleurerait pas dessus sa mère, c’est quand même tordu

  toutes nos douleurs vont à dieu, le reste importe peu, ou si peu…
  toutes nos douleurs vont à dieu, je creuse ma tombe en dieu
  le reste importe peu, ma maman importe peu, ce qu’est dieu en soi importe peu
  ou si peu… j’ai tellement vieux…

  il y a des hommes qui bourrent mon crâne
  de crin, de filasse, de sperme il y a des hommes
  qui bourrent mon crâne de chevaux
  qui se souviennent – ils se souviennent oh mes chevaux
  on va les traire, les équarrir on va les chteub
  et moi qu’en sors vivant, toujours vivant, avec la honte, avec la haine
  et moi qu’en sors branlant, il pleure debout

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