il s’agit du père ou bien d’la neige

  tu pleures dans les deux sens, tu t’arrêtes pas
  tu répudies
  tu répudies jusqu’à ce que
  ciel s’ensuive, ou le cercueil, auréolé
  confortablement assis dans son cercueil, rêvassait l’homme assis, l’homme
  rassis, d’un ciel exterminé

  un chien mordra ma queue or les anges le
  lui rendront au centuple c’est promis, je r’crache un ch’veu, un poil de sirène dans la cuvette à ch’veux
  et toute la tête avec allez, bouffe-lui l’crâne, un chien
  mordra ma queue et tout ce qu’elle contient
  d’abnégation, de frustration, de comptines enfantines je lui caresse
  la tête, un chien ravale sa queue

  je sais où je vais j’ignore juste
  par quel chemin j’y vais, par quel chemin m’y rendre, une crotte
  au pied de chaque calvaire déposée, lorgner sur
  la barquette de frites, rapport qualité-prix on en est là te rends-tu compte, rapport
  qualité-prix, l’imprescriptible

  le chien est descendu avec une amie – ce n’est pas mon amie bien entendu, mais ce n’est pas mon chien
  non plus
  pelé de part en part, l’autre épilée
  d’une vie qui n’est pas la sienne, laissée là sur le gaz
  je bouffe de l’herbe. je bouffe des bruyères. si quelqu’un chante rassure-moi ce n’est pas moi qui chante
  mais je l’entends

  mon amie parle à mon amie, je lui garde ses amygdales
  il fait si triste que je n’ai pas le moindre doigt
  de lui gratter le ciel, je vis dans un coma
  tout au fond d’un coma, je vis dans l’omerta
  je te montre mon sexe, tu me soulèves d’un doigt, d’un autre doigt, d’un doigt à toi
  – plante comme elle croît

 

il s'agit du père ou bien d'la neige

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