poupée bancale

  c’est moi poupée bancale, l’échasse cassée l’entorse au centre
  de grave gravité
  l’écharpe en sang
  si ça fait mal c’est que quelqu’un
  appuie dessus, si là j’ai mal c’est que quelqu’un
  enfonce un clou, fracasse une brique ou simplement
  déplace son fou

  je ne sais plus comment m’y prendre pour te dire bonjour, j’achoppe un creux, je suis tout mur
  j’me lèche la bouche en coin et au final, je me trouve devant rien
  un sexe s’empare de moi il prend le trou
  pour sa circonférence, s’empale sur un vide
  exponentiel

  le matin je ne me lève plus, le soir ne me couche plus. je ne me lave plus
  plus plus plu il a plu, donc il pleuvra certainement, et par ce temps
  il pleut toujours dans mes poèmes, quoiqu’il pleuve
  à l’envers essentiellement
  sinon quoi sinon il y a des jardins, à travers les jardins
  des passages piétons dont j’ai oublié le nom, la forme et la trace qu’incidemment quelqu’un a du
  laisser en moi

  on jouait avec les enfants, avec les enfants c’est tout
  on a retiré nos yeux, versés dans la coupelle
  ou jetés dans la soupe…
  c’est discrètement qu’un arbre, famélique, rachitique
  nous abrite encore nous abrite de quoi
  ou fait semblant

  tu meurs d’un instinct pur
  nécromancien par le doigt jaune, formule érotomane
  je cherche un mort, un mort qui me ressemblerait
  le trou en moi je le répare
  en lui tendant l’étrange miroir où il s’enfonce
  c’est là qu’un mort, un mort en moi s’éveille, qui me ressemblerait

 

poupée bancale

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