mon ballon est crevé, il faut le regonfler

  il y avait le centre et le centre s’est démis. il y avait la mer et la mer a coulé
  je ne me mêle de rien, je ne me mêle d’amour, inopportune
  d’un silence bestial la corne s’est redressée
  et porte au loin

  je vois mais, je ne vois pas
  et rien ne compte
  le sang qui monte

  je vois mais, je ne sens pas
  pas maintenant, condoléance

  condoléance et c’est ainsi
  métal courant

  un rail sur deux, entre les deux coule un ravin. je n’en sais rien
  c’est à peine si je te reconnais comme ça, cheveux cramés, cheveux ventés
  à peine si je te foule

  du sang d’cochon dans la tête des anges, mais du ciel dans leurs tripes
  pas un ciel de caen non, car un ciel véhément, un pur
  accident de l’ennui, un ciel s’exhibant dans
  son plus simple appareil

  pleurer te fait pleurer, sombrer te fait guili – il suffit
  d’un chant pour contenir la chute, exorciser le naufrage il suffit
  d’un avion pour prendre l’air, l’avion fut-il d’air
  de plumes, de papier, ou en forme de ballon
  contre toute attente léger

 

mon ballon est crevé, il faut le regonfler

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