dortoir des filles

  fin d’la journée c’est la fin d’la journée : il n’y a pas mort dedans
  ou alors ça ne compte pas
  le dernier jour debout je l’ai passé debout, c’est tout à fait inconfortable
  j’ai crié. j’ai vomi. je crois même
  que j’ai vomi un peu. n’importe
  tout au fin fond d’la vie je vis encore, je vis encore un peu, un peu comme ça sent fort
  un peu c’est déjà tant
  et un peu plus que ça. j’adore tes ch’veux

  un simple rectangle (deux triangle accolés ?)
  un simple rectangle c’est balançoire, avec les cordes tressées au-dessus, au-dessus de chaque côté
  le miel des cordes. ils en vendent du miel de corde. suis-je ne suis-je pas
  l’humainement ? du miel de corde
  s’embrasser sur la bouche

  on aurait pu se prendre pour quelqu’un d’autre, si seulement il y avait eu
  quelqu’un d’autre. l’autre est mort en attendant. chacun son tour
  chacun son tour d’être mort, à tour de rôle le rôle du mort. je ne sors
  que pour aller à l’épicerie. j’ignore pourquoi, l’épicière me déteste, je crois
  que c’est sa façon d’être, comme moi avec mon sexe
  si j’avais un fusil, mon sexe
  si j’avais un couteau, latex

  j’apporte une main tout autour du poing, moi qui ne suis que serrement
  que saignement
  de vis.
  un jour en attrape un autre, d’où la lumière si indécise, l’incertitude quant au lieu.
  il s’aime d’abord
  après quoi il se pend, ou se noie, selon qu’il habite
  plus près d’une poutre, plus près d’une mare

 

dortoir des filles

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