murmure oh ma vicieuse, murmure – ne le laisse
pas traîner là. ne me laisse pas traîner là
entre deux taffes ou
sur le tapis
la mort m’a entrouvert les yeux. je n’aspire qu’au coma
il a beau se coucher, il a beau se détendre tout du long, il ne se
réveillera plus.
il dort blotti contre son ombre, mauvaise passe…
il ferait mieux de marcher nu
jusqu’à la lune et long du quai
bavant son mors, tirant son clope
une distance m’expulse. je prends
la sortie de secours. on ne peut rien contre la pluie
contre la pluie on ne peut rien
une gratitude. peut-être m’achèteras-tu
une gratitude, me rachèteras-tu
une bonne conduite. mais ni volant ni ivresse
ne me rendront le sens présent
une vieille femme à l’air minable; l’œil cramoisi ou mégot écrasé
passant tout près de moi :
« me frôle ta beauté, mais le fond est puant ! »
les yeux ferment les yeux, qui les ferment à leur tour, qui les ferment encore, en peaux d’oignon…
or tout au fond un œil veille – un œil sans paupière, un œil
que rien ne peut éteindre, boucher ni clôturer
: un œil vide
au bout de moi pend une corde
au bout de laquelle pend le vide
se raccrochant au vide…

Laisser un commentaire