anticyclone

  nous sommes des gens très bien, des gens
  qui pissons dans not’ slip, qu’en n’avons rien à foutre
  si la roue tourne à gauche, si la roue tourne à droite, ou zigzague en tout bien
  tout honneur, il n’y a pas de poème pour ça, il n’y a
  pas de poème pour nous
  on tourne tout droit et on s’enfonce
  on tourne tout droit et on s’écrase

  voler nous donne des ailes, en tout bon charabia – voler
  quand ne reste qu’un ciel, sans couleur évidemment.
  je ne parle pas à mon voisin. je ne parle pas
  à ma voisine non plus. j’enfante un train en marche

  voler ne sert à rien au sein d’un espace sans frontière, d’un espace
  non confiné. la mort en somme
  ou par déduction, la mort par addiction nous refusons caté-
  goriquement
  de réduire l’espace à un chemin quand bien même l’espace ne saurait se
  déplacer autrement

  tu me lèches la main, c’est mieux que rien et, va savoir, peut-être plus que tout
  moi je ne domine rien, tu sais bien que je ne domine rien, je me tiens à carreau
  on ne meurt pas tous en même temps ce qui permet
  une bonne aération, une aération
  en quelque sorte naturelle

  je ne prétends pas faire un homme – tout juste le
  bâton d’un homme, sur lequel s’appuie
  un vide. ou à défaut toute une science
  du vide
  et malgré tout cela me manque

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