krasny krasny krasnaya

  un nœud n’est pas un nœud, pas tout à fait un nœud
  mais déjà plus qu’une corde, déjà
  au-delà de la corde. un nœud
  me serre le cou, le cou la corde, je ne
  suis qu’âme après tout
  après mais vraiment tout
  – qu’âme
  émergeant d’après tout

  mon dieu remue
  les doigts dans ses poches, tripote ses clés, lesquelles
  ne ferment rien
  n’en ouvrent pas davantage
  dans une totalité qui du fait d’être telle ne se peut
  ni fermée ni ouverte, à quoi donc
  sert un trousseau pour une vie en forme de trou de serrure, si ce n’est à aller, par pur désœuvrement
  faire un tour dehors, faire un tour dedans ?

  on est à la campagne n’est-ce pas, à la
  décroisée des chemins, l’équerre des jambes
  les arbres, pine dressée
  il manque quelqu’un à l’appel et pourtant dure l’appel – l’appel
  dure éternellement, presque autant du moins
  que l’absence à l’appel

  on se fout une petite gifle, comme ça, pour se remonter le moral, se donner du courage
  du courage on n’en a pas – celui de mourir prenant déjà toute la place l’en reste plus
  pour celui simple de vivre, comme si de rien n’était, bref futilement
  sans faire de vague, tout juste débordant
  d’insouciante cruauté, de coupable innocence

  qu’est-ce qu’on a fait après tout, ce n’était
  qu’une petite fille, et combien de petites filles
  trouve t-on dans l’annuaire, en
  photo de classe ou jouant du piano, soufflant des bulles
  des bulles partout…

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *