chacun se dit et quand il pleut, où irai-je m’abriter ?
les grilles
du parc sont fermées, les préaux
ne sont pas surveillés, il ne fait
plus jamais vraiment jour, plus jamais vraiment nuit il ne fait
plus rien, à personne
et la personne cède
par au-dedans
très sommairement c’est comme
si le temps parvenait à ma hauteur, me demandait du feu
me reniflait les doigts d’un air inquiet, je ne sais pas
ce qui m’arrive, s’il m’arrive quelque chose
s’il ne m’arrive rien je marcherai
le long de la jetée en évitant les flaques: les flaques
ça mouille les pieds
je ne réussis plus
à m’oublier
à rester dehors par le temps qui court, puis s’effondre au bout de quelques pas
il faut boire quelque chose, de chaud de préférence
une gorgée de ça
faire figure d’étranger à l’hostilité du monde
ou peigner sa poupée, maladroitement les longs cheveux
et quand ça lui fait mal
on n’a pas idée
on n’a pas idée ou alors très vague, on s’en tire quand même
à peu près, ou pas trop mal
on se ménage une petite caresse sur la joue libre, là où n’a pas encore cicatrisé
la gifle précédente…
et le mal de mer, que fait-on du mal de mer ?
que dit-on du mal de mer ? il ne faut pas
dire de mal du mal de mer

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