quitter l’navire

  au plus offrant je n’offre rien. je reprends
  la navette en sens inverse, j’y couve mes yeux
  repasser dans sa tête le film et le film ne conclut pas, n’aboutit
  pas. il faut tout se laver ne rien oublier allez lave-toi
  le prépuce, les intestins, le tympan. surtout le tympan. le tympan c’est important

  j’arrime une fée. une fée cédille. un genre de vrille
  sans réfléchir à l’eau qui goutte, sans réfléchir à l’eau qui stagne, en homme de paille. en homme
  en empaillé, en homme dépenaillé. sans réfléchir à l’eau du tout, narguer
  le continent

  se savoir mortel vide les lieux, on est bien avancé. vide les yeux
  comme une bête. il y a longtemps qu’on se promène ainsi, divaguant, refoulant
  tout dans l’unité gore – les rêves sans permission, la déliquescence…
  il y a longtemps qu’on se malmène ainsi, on est
  bien avancé

  la rage sans le poing. le poing tout arraché. des fils de fer en guise de nerfs, allez,
  faut tout arrêter, le sport la cuvette, l’espoir d’un mauvais coup…
  ainsi parfois dérape le genre, patine l’impatience – on aimerait entrer dedans on ignore dans quoi
  la peau d’un autre se referme sur moi

  radiographies de l’insoluble, et t’en sais quelque chose
  quelque chose est un bien sans maître, et donc pas vraiment un bien encore, elle glisse sous les ondes
  du choc et de l’acquisition, de la
  définition. pour l’instant on s’assoit, on reste assis on
  laisse filer le temps, en rat familier

  c’est toute une histoire, et toute une histoire m’emmerde. j’arrondis
  mes fins de course. c’est bizarre comme frapper des mains et comme on n’entend rien, comme on
  ne ressent rien, pas le bémol d’un
  doigt claqué. la tentation du large lisse ses plumes, on en sort par le haut
  on en sort par le bas. on en sort comme on peut

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