sortir du bois

  je n’aime pas les surprises. les surprises
  ne me surprennent pas – me surprend la mort lente, le réflexe de rien,
  le regard que l’on plonge dans des yeux qui
  ne nous voient pas

  il y a un temps pour rien, pour ainsi dire le seul habitable. je relève
  ma manche à mi-bras. c’est bizarre un bras nu
  un bras nu, seulement nu
  tout juste sorti de l’océan

  puisque sauvé définitivement, ne me reste plus qu’à être damné c’est à dire
  privé de bonbon en quelque sorte, privé
  de doudou et que l’attente est longue. le loup
  défèque tel est son rôle, sa fonction, son rôle ou sa fonction de
  loup défécateur

  un homme qui tombe c’est déjà dieu qui
  se relève. le pouce sur ta joue il ne fait rien – peut-être
  qu’il frotte un peu il se dit tiens, frottons cette joue
  – mais cela suffira t-il à te consoler ? va savoir…

  de moins en moins noir, voire quasi tirant sur le bleu, encore que de
  plus en plus précaire – l’éternité d’une certaine façon contre-productive. j’attends un bébé, un bébé
  ne viendra pas
  il séchera en chemin. les chemins précisément sont faits
  de bébés desséchés

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