je voudrais être délicat, dire des choses délicates – sans déconner
avoir la matraque souple, le tonfa tagada, et cetera
la langue seule me rattache à l’homme en tant que bestial social carnaval
je crache ma langue. conchie ma langue. j’encule ma langue. j’ai besoin d’une larme pure
et faute de, je crève ma mère
ta race et des limaces – si seulement n’être rien pouvait guérir d’être seul…
pour quoi, pour rien, entamai-je la saignée du lierre
j’ai acheté de la mousse à raser, moi l’homme sans rasoir, et sans rasoir je tentai comme un autre
de survivre, héros d’une heure qui passe…
un chien nourrit sa race, une race nourrit son chien
quand elle le peut. quand elle a les mains libres. le jour où je m’évade ne viens pas me renifler
l’anus ni l’aisselle.
au-delà de l’imaginaire git un trou, un trou de taille respectable, néant sous l’auréole
ai-je caressé la joue du chien ? si l’homme est l’être qui sait qu’on lui ment et se sachant mentir, ai-je sucé la chatte d’un menhir ?
je meurs d’envie d’en être un autre, figure du rien – et quel intérêt de mourir si ne meurt
que l’orgueil d’être moi, les oreilles rabattues, le chemin distordu ?
je ne me laisse mourir de rien. on ne meurt que de rien je me meurs voilà tout
pourtant j’ai
le sourire carnassier, pourtant j’ai
l’allure débonnaire, au jeu de comment je marche et si je ne marche pas regarde
comment
vivre fusionne au saint esprit

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