jacadi a dit baisse le son

  ne sois pas déçue. mouche-toi.
  il ressemble à un chemin dont on aurait noué les deux bouts
  ou à une route goudronnée.
  j’appelle à témoin, je suis mon propre témoin, le témoin se rétracte
  le témoin se contracte

  quand bien même il erre ailleurs, ou se concentre
  il rase le centre.
  écartant un pan de mon manteau j’ai peur d’y découvrir
  une bestiole à moitié morte. une écuelle à ma portée.
  pense à survivre des fois
  des fois à autre chose

  manque de respire, à fond, ou tout le long.
  un nid de pies en haut du charme dénudé, porté à la vue de tous
  et en plein vent.
  qu’il est étrange de continuer à recevoir la pluie alors qu’il ne pleut plus
  depuis une heure au moins, d’un pluie n’ayant
  jamais cessé, d’une pluie tout
  contre mon ventre

  tu ne peux pas mourir un mardi. le mardi on ne meurt pas
  ici.
  le sol sent le pourri, et c’est ainsi pourri
  qu’on vit, poussant son pion.
  quelqu’un retape après moi
  dans ses mains, ou recrache un refrain – il a l’air
  de jouir à sec

  désœuvrement la terre entière, du mieux qu’elle peut
  n’y pouvant rien.
  je me caresse le ventre, le ventre
  comme à regret.
  et puis les morts enfin, qu’on alite, qu’on recouvre
  d’une pincée de cendres…

 

jacadi a dit baisse le son

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