il rouge, le passant qui s’allume…

  entre l’un et le zéro, la dribbleuse virgule…
  et que quelqu’un me touche
  au bon endroit, et pas seulement à l’envers du mauvais
  comment être autre sans tricher, par quel aveu d’anonymat, invalidant toute stratégie
  de séduction ?
  il rouge, le passant qui s’allume…

  il n’y a pas d’heure que ça, le dernier mort panique
  y déposer des fleurs n’y changera rien. rien
  n’y changera rien, ni d’ailleurs. ailleurs
  lui tresse des couronnes, auréoles à vide
  cidre éventé
  – ne succombe qu’à rien, clandestinement…

  défile devant mon spot – suis-je la femme d’un mort ? l’inconditionnelle
  épouse d’une absence ?
  la frontière n’est pas gardée, la guérite bâillait, la frontière
  s’appuyant contre le paysage, malgré légère, légère malgré
  le poids des lignes, la raréfaction
  des signes dans le ciel

  l’esprit se raréfie, l’air s’égoutte – a t-on jamais fini de se venger de soi ?
  les griffures dans le dos cicatrisent-elles un jour ?
  questions que l’on soulève rien qu’en soufflant devant
  souffle devant, homme respirant
  coiffe-toi avec un clou jusqu’à en-
  rayer l’idée…

  après quoi, que faire ?
  mourir n’est techniquement plus possible
  une pierre en plein miroir et c’est la pierre qui rompt
  c’est la rame qui se noie. je plonge
  une main dans le noir, je ne vois plus ma main, je ne
  sens plus ma main, main plongée dans le noir – je crains, non: terrifié je suis
  à l’idée de n’en retirer, pire que le noir en soi,
  rien qu’une main…

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