quelqu’un veut aller quelque part

  il parle à voix basse, il n’est pas d’ici
  il parle à voix basse pour être le moins ici
  possible
  le reste de la vie chante, le reste de la vie hurle, mais lui ne chante pas, mais lui ne hurle pas
  ou alors seulement à voix basse, s’étant bien assuré
  que nul ne l’entendrait

  un léger retard quand au dénouement des choses, une chaussette encore tiède au dénuement de l’âme
  car il reste longtemps, debout, celui qui sans capuche…
  terre brûlée – j’ai un peu la tête d’une
  terre brûlée. et ça se recoud pas

  chien méchante chose. terre évite d’y poser
  le pied, d’y secouer l’ombre d’un pas. quelqu’un voudrait aller quelque part
  ou en sortir
  ou s’en faire une pente à remonter le temps, au cas où le temps serait
  démontable, démonétisable mais ça c’est pas mon genre
  ni d’un genre funk

  ma mort n’a plus qu’un mot à boire, elle en oublie jusqu’à sa
  langue maternelle, si maternelle fut sa langue
  j’attrape un pot, un sceau, une anguille au fond courant, j’arrache un slip
  – suis-je enfin revenu de la guerre ou ne fis-je qu’équipe avec les
  charognards des lendemains de fête
  et de débâcles ?

  quelque chose a dit non avant même de savoir à quoi, quelque chose a dit non
  seule réponse crédible, seule réponse aimable, l’amour ayant déserté le corps
  l’amour ayant déserté l’amour
  et l’armature déboussolée, toute la désinvolte élégance d’une
  fuite sur place

 

quelqu'un veut aller quelque part

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