zombisme social, nu intégral

  on avancera devant nous, et on ne saura pas quoi faire
  on ne saura pas quoi faire, alors on avancera devant nous
  on devant et nous derrière, sans savoir quoi faire mais dignes héritiers d’une quelconque condition, privés de rédemption
  j’ai racheté le pain et une à une en ai retiré les arêtes, les épines
  les aiguilles
  droit devant soi et nous derrière, suivant fidèles notre
  instinct de perdition

  un petit chat mourait tous les mercredis – il lui fallait son lait, sa fosse, sa branche ou bien sa mare c’est selon or moi les mercredis d’absence, je ne rentrais pas chez moi
  jamais je ne rentrai chez moi
  ni par le chemin du milieu ni par le chemin de traverse, par aucun chemin jamais je ne rentrai chez moi
  et pourtant y en avait du chemin crois-moi, du chemin au milieu
  du chemin de travers

  ton petit frère m’a dit elle est vilaine, elle est méchante, elle est pas belle non c’est pas vrai, ton petit frère m’a dit
  elle est gentille mais vois-tu la nuit, elle visite d’autres hommes, de bien plus beaux que toi, des sans cheveux des sans moustaches, des qui bavent pas
  et comme je n’avais ni cheveux ni moustache, ni ne bavais je lui demandai mais alors quoi
  ton petit frère m’a dit t’étais même pas né qu’on savait pas quoi faire de toi et ma sœur elle veut pas

  un chien m’a gavé mais alors m’a gavé grave, il arrêtait pas de pisser partout, tout l’temps, jour et nuit pissait partout, jusque sur mes g’noux
  du vent sec aujourd’hui, comme à la mer quand l’vent souffle, à la mer par temps sec tiens ça c’est marrant, marrant comme quand il y a rien de marrant au fond
  et que ce serait plutôt désespérant, s’il y avait encore matière à désespérer
  mais quand on en arrive au chien, alors là c’est qu’on tombe sur de la matière grave
  le chien, ou l’homme sans ses mains, l’homme qui a échappé aux clous

 

zombisme social, nu intégral

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