herbe sinon quoi

  on ne s’entend plus parler de mort et moi non plus. à peine suis-je parti tu remets des draps propres, une nouvelle taie, de fraîches giroflées dans le vase. à peine suis-je sorti on n’entend plus parler de moi, tout-au-fond ne constituant décidément pas une priorité.

  l’odeur des géraniums me souffle le cerveau. me sidèrent sa brutalité, son indécence – sodomie olfactive. je parle de/à tous les hommes les hommes jouent aux dés. ils les lancent ils s’exclament, les ramassent. tous les vers ne luisent pas: certains paraît-il, ne repoussent que d’un côté.

  les cernes sous les ongles c’est le mal du pays. je me raccroche au trou, qui n’est trou que par ce qui le cerne, ce qui le distingue du néant qu’aucune limite ne vient contenir, définir. quantité négligeable au vu de l’expérience humaine, d’avoir pisser sur tes seins ne me confère aucun droit, aucune dignité – pas même une quelconque illusion de puissance.

  l’existence s’écroule, par moments, par dépit. l’attente à son chapelet, la masse nuageuse affaissée sur des résidus de paysage. j’offre si peu de résistance. c’est la raison peut-être pour laquelle je ne tombe que rarement malade, la raison sans doute pour laquelle l’existence cède sous l’inertie d’un petit vent de biais, d’une mauvaise soupe.

  je ne me lasse pas de toi te matant des heures durant la vulve à l’aide d’un miroir de maigre vertu. il se passe des choses dont la finalité d’un bout à l’autre m’échappe. d’un bout à l’autre je m’évacue, les racines: des ronces, et du noir sous les ongles. lorsque je me retourne et qu’évidemment nul regard ne surprends, les miroirs sans surprise me fuyant.

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