si tricher n’est pas jouer, alors en quoi consiste le jeu ?
le feu n’prend pas, la route s’embourbe, tu connais le lieu précis où l’on perd tout, le centre de gravité de tout naufrage
où l’on ne prend la peine ne serait-ce que d’un au-revoir
entre deux quais la marche est large, ou le temps long
d’un suicide érotique – d’un suicide quoi ? d’un suicide é
ro
tique
il n’y en a presque plus. j’ai tout vidé la gourde, l’encrier, la bourse
et me r’voilà à faire la manche. je n’ai jamais été très doué pour ça – carrément lamentable je dirais – mais la seule chose que je sais faire: j’ai la manche longue comme ça
la poubelle sur le port le port contre le large, une épave a toujours soif, tout l’océan du monde
ne saurait l’éponger, une épave
se meurt de soif
ne me parle pas comme ci, ne me parle pas comme ça, fous-moi des claques ça sert à rien: j’y suis devenu parfaitement insensible
indifférent
comme qui ne diffère pas, ou ne fais pas la différence
entre ce qu’il est et ce qu’il n’est pas, le déni de vérité déclenchant
le déclin du mensonge, ou un truc dans le genre
le genre piquet à moule mais sans la moule
sans le bouchot
marée rentrée
soleil couché
j’avale un pneu
un pneu ça n’a pas d’os
ça siffle un peu, un filet d’air…
le fond de moi aboie mais ça sort pas
le fond de moi n’mord pas
il te lèche le mollet il se
branle sur ton mollet, mais il mord pas, le fond de moi
aboie
mais ça sort pas

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