peu de subtilité

  chien méchant étincelle douce, mais ne me mords plus, je t’en supplie
  demain j’immonde, or dès hier déjà je ne me sentais pas raccord
  alors je marche. je marche je marchai. et je marcherai sans doute
  jusqu’à rupture d’anévrisme ou bien la fin des temps. debout assis couché je marcherai têtu, quand bien même il n’y aurait
  pas de fin au temps – rien qu’à la marche. ma marche. mon temps. et tout ce qu’il y eut
  à quitter
  à quitter seulement

  mon chien ma loupe, et pas plus gros que ça
  ça, là
  et ça, et là.
  c’est jamais un soleil qu’on cloue à une croix, mais une loque
  soleil réduit à un œuf pondu par une croix en loques – ainsi du moins se présenta t-il à moi, un soir que…
  un soir, forcément.
  et j’ai mis longtemps à…
  longtemps, évidemment.
  que je sois encore là-présent ne faisant toujours pas
  partie du miracle

  le bruit que ça fait quand ça tombe. j’écoute le bruit
  quand ça se relève ça ne fait guère de bruit, ou si ça en faisait ça résonnerait comme une indistinction
  d’aria et de pet foireux, ce genre d’indistinction. je n’ai rien dans les mains
  je n’ai rien hors les mains
  des clous entre les dents – pourquoi donc invariablement rouillés dans le poème ?
  et le poème de quoi, de toute façon ?
  le poème rouillé, le poème cloué
  le poème troué
  traduit d’on ne sait quoi
  d’on ne sait où

peu de subtilité

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