les cils de ta chatte mon amour
retombent en désordre.
il y a longtemps que je t’aime mais là j’ai mal au coude, sauvagement au coude
au coude d’avoir mal, au coude retourné, au trottoir sur son angle, le mauvais angle
mon pouce extrudé, le mineur détourné – j’ai dit pouce, dit le mineur
j’ai rien entendu, lui répond le majeur
maman s’est fait un beau manteau, même s’il lui restait peu de poils, maman s’est fait un beau manteau.
j’ai remonté la rue des pyrénées, du cours de vincennes jusqu’à rue de jourdain, rue de jourdain et pourquoi pas plus loin
c’est une courte rue, du moins dans le sens de la longueur, car elle a le cœur large
tout le contraire de la rue des pyrénées qui elle
est incroyablement longue
malgré son âge
ayant toujours peur que quelqu’un me morde je ne sors
jamais sans mon masque.
d’ailleurs je ne sors pas. une vague
nostalgie de la mer un peu comme une envie de
dégueuler par-dessus bord, une affreuse gueule de bois. mais les ferries toujours
irréprochables, et le personnel des ferries
invariablement exécrable, les militaires si calmes
les militaires si tristes, peinant à s’endormir
sur le ferry
on ne se ment pas, on s’aime encore
quand même un peu
on culbute la française.
je voudrais un toit tout au bout de mon ciel.
tu crois qu’on finit par se pardonner soi-même, de je ne sais quoi d’ailleurs ?
de ne pas avoir été aimé, ou pire encore, de
l’avoir été ?
mais de n’avoir pas pu ?
crois-tu ?
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