et quand je mourrai, puisque c’est le genre de choses qui finissent par arriver malgré tout et sans qu’on ait à s’en prendre à soi-même, je ne voudrais alors personne entre moi et dieu – tout juste le néant, jusqu’à ce qu’il enfin
s’illumine…
ce n’est pas grave si tu es un peu ébréchée sur les bords, ou peut-être légèrement fêlée. ce n’est pas grave si tu n’es pas vraiment carrée, ni tout à fait propre non plus. ce n’est pas grave si ton chewing-gum n’a plus de sucre et colle mal à la langue. pas grave si ton chewing-gum de langue, et si parfois tu doutes encore. non, franchement, ce n’est
pas grave crois-moi
mélo mais drame aussi, tu t’es tordu le pouce. le reste à l’avenant, fragile débordement, ou linge au vent gentil. tu sais qu’on ne me parle pas sur ce ton-là, ni sur aucun: chaque carte un souffle, se bâtit la tourmente. après on écarte les doigts, pas trop si ça fait mal. je ne veux pas trop te faire mal – juste de quoi m’assurer
de ton attachement
répare ton âme. répare ton âme d’abord. on verra après si je te lèche la fente. je ne peux pas éternellement colmater les brèches, m’enduire de ta douleur. je dois respirer de temps en temps, même si je ne respire rien. je t’ai fait un pansement avec ce qui me restait de pitié
et de désinfectant
tu appuies sur mon dos et si légère sois-tu (à peine le poids de détourner le regard), toute la force de gravité ne s’en est pas moins concentrée dans ma colonne vertébrale – ce qui me pousse à te demander, peut-être à te redemander une fois de plus: t’es-tu sur mon dos posée nue
et me dénudes jusqu’à la moelle ?

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