cracher l’morceau

  ce n’est pas un homme que tu gardes sous le bras c’est un morbide
  un bout morbide, par quel bout morbide
  une terre l’encensoir
  un membre à part, dressé à mordre, à cracher du foutoir

  il y a du vent cela fredonne
  dans les oreilles
  on dirait même qu’il souffle
  un air de déjà-vue sous un air, allez ose donc le dire,
  de jamais reconnue

  rien sous la chemise qu’un vague état
  de somnambule
  d’homme à rien faire, les yeux au ciel, grisant grisâtre grisonnant, d’homme à défaire
  – basse, la ligne…

  pas plus un être que moi qui dort, là
  la tête enfouie dans le colon, le giron cramoisi
  et moi aussi je me sens mal parfois, entre quat’ fers et à l’équerre
  flanqué d’un bond, sucé d’une chute

  non non c’est bon, toute la merde est dans l’sceau
  il n’y a ici
  rien à revoir, rien à remuer de la mémoire en berne
  nu à la corde nu
  à l’anse froide, charcutant
  le poing qui s’use

  de quoi le dire
  t’en délivrerait-il, de quoi le taire ?
  quelque chose est perdu, ou pire de vendu
  quelque chose qu’on ne pourrait rendre sans dedans rendre son âme
  à qui de droit
  à qui de soif au moins

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