que toute la nuit s’en aille en terre, s’en aille en terre

  le vent fait paragraphe, et le grand vent d’autant
  il ne parle de rien – du jour qui passa quand rien ne se passa

  le mieux c’est d’avoir fait comme si de rien ne fut, entre tresses et biceps
  un homme s’est tordu, qu’aucune pince ne saurait redresser

  il n’y a plus rien à attendre de moi – ni rayon vert ni pomme de pin
  je ne peux pour autant me retenir de baver

  si par hasard un ballon échoue de sous mon banc, je tape dedans
  d’une cerise éventuellement, je ne garde que la queue

  et tout venir d’un champ, et tout venir d’un poêle. et tout s’approprier
  du corps dépossédé

  je pense à toi je pense à rien, le monde s’enlise, recommence à zéro
  dès la mi-août les nuits qui rafraîchissent, le soleil qui patine…

  on ne servait à rien, et rien de même, avec des petites rides au coin de l’œil
  va falloir mourir nu, exempt de toute
  condescendance

que toute la nuit s'en aille en terre, s'en aille en terre

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