pigeon vole


  la mort n’est plus qu’un seul homme, j’ai garé mon ombre
  sous l’arbre, car il y avait un arbre, moitié prunus moitié pourpre, et dans mes touches de gris
  la mort n’est plus qu’un divisible de l’homme je lui achète une trottinette, ça ne lui suffit pas
  de la barbe à papa, elle veut que je rapporte de la barbe à papa
  pour tout l’monde !

  lumière o ma lumière, mon étincelle, que le reste m’ennuie
  l’élaboration d’une chatte, le bavoir au crachoir, j’ai l’impression de tout avoir manqué
  manqué de cri, jauni, manqué d’poumon – cela ne parlait pas de soi

  qui m’a pris par la main, qui m’a amené ici ou plutôt, qui m’en a délivré
  un homme se tient debout, occupant le centre d’une roue qui tourne – il appelle ça son sexe
  il appelle ça sa teube
  il appelle ça et le chien lui rapporte, vent debout vent tombé, il appelle ça sa nuit or sa nuit le bâillonne, littéralement

  j’irai manger plus loin, plus loin me croque en jambe
  j’ai tellement peur, de n’avoir foi en rien
  j’encule un pigeon, un pigeon me rigole. un pigeon m’énuclée, je le décapite en deux
  pourtant jamais la tête, in extremis
  ne se penche au milieu

  la mort perd le sens de sa réalité – elle a vu trop de films
  même un cri au-dedans de moi se contente de roucouler, monstrueux
  je n’ai pitié de rien, crucifié sans les clous, avec
  de simples punaises. bref on est mal…

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