l’accent dehors

  il ne pleut pas toujours
  du
  même côté de la frontière, mais jamais tout à fait sur
  la frontière non plus, où j’ai monté ma tente
  et descendu le reste, c’est à dire tout ce qui, ne tenant pas debout
  aspirait à s’étendre

  je marche avant toute chose
  avant toute chose, je marche
  il y a donc
  longtemps que je marche
  ainsi
  dans la joie la plus sombre, funèbre par pudeur, foulant la
  lande à perpète

  le haut vire au-dessus: c’est le haut
  à tous les niveaux
  débordant les ras-bords.
  s’effondrent les niveaux.
  émerge le dessus, les pas disséminant
  le dessus. le ciel césarienne

  je ne manque
  pas de souffle – seulement d’air peut-être.
  les alléluias
  ont remplacé les alléluias, elle se suce un morpion.
  plus loin j’allai plus loin, coulant à pic

  c’est ce qui
  m’a fait pensé à vous, penser à moi, tournant en rond.
  on passe toujours par le milieu – les côtés,
  péniblement les côtés, à droite à gauche, à l’est à l’ouest, ailes ramant
  dans la poussière épaisse, dans la
  poussière péniblement

l'accent dehors

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