j’appelle ça une douille

  lascaux n’a pas eu lieu, ni les bottes de sept lieues
  ma maison ne m’aime pas, mon chien ne me reconnaît pas, ma femme s’est remariée – même la picardie, oh la picardie
  m’a rayé de sa carte, lascaux n’a pas eu lieu: les bisons c’est du flan

  petites larves, missions expiatoires, retourne s’il te plait
  là d’où tu ne viens pas, nulle part et c’est ma dose, je rentre dans un square – un square c’est free, un square c’est à tout l’monde, je rentre dans un square :
  je ne rentre nulle part

  l’overdose samouraï, et quand je dis cela j’évoque évidemment
  la sauce samouraï, or tout est image : l’os comme la moelle, l’homme comme la bête, marie dieu dans son ventre
  comme les rectangles dominos claquant derrière
  la buée des lunettes – mais image de quoi ?

  mort de vous sur chaque image. et même un peu avant même
  et encore plus après même – ou alors c’est kif-kif, l’équivalence en son genre, prophète mécréant et tout en balbutiant
  . j’appelle ça une rivière. tu dis c’est un poisson

  je ne me rappelle rien
  la mémoire est matière certes mais si peu matérielle que
  j’en oublie d’exister, d’incarner ma conscience, d’enfourcher ma douleur
  les dés restés collés aux doigts, le chien à le gâchette, je tire pas
  je me tire mais je tire pas, je voudrais cesser enfin  de
  me souvenir de moi, de me
  pencher sur moi, d’un oubli radical

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