ils crient la bête
se bouffent une pelle
rameutent la horde
et ça s’endort sur un coussin, en boule avec un trou dedans, trou dedans
les chiens mourront et ceux d’entre les chiens. on va tous
s’abandonner les uns les autres, c’est plus pratique comme ça – enfin, plus pratique peut-être pas, mais au moins on respirera
on n’aura rien, mais au moins on
respirera
prendre à témoin la garde arrière. je ne me fais plus de souci – la garde arrière
est décimée. je ne me fais plus de souci. la garde avant pareil: décimée
ignorant d’une part la provenance, de l’autre la finalité, comprendrons-nous enfin présentement
pourquoi l’on boit
allez tu vas dire quoi ? tu vas dire qu’on t’as trouvé là dans la rue, qu’on t’a traîné jusqu’à la mer, en bout de rade, et qu’on t’y a largué ?
entre soi et la mort il y a toute l’épaisseur d’une conscience, mince feuille d’ocb, de riz-la-croix ou de mur de berlin
on a la mort qu’on peut…
maintenant je suis femelle, j’abrite un chat perdu. si tu me lèches les doigts je te caresse la nuque
maintenant je déchois et tout un peuple déchois avec moi. ce n’est pas ma faute j’avais le dos tourné, je prenais ton orgasme sur le pouce
maintenant je retourne loin devant. sans parachute, sans maquillage. je me fais les dents sur tes os, ta peau,
ton repoussoir en forme de désespoir
Laisser un commentaire