se dire qu’on s’aime et se déshabiller

  je mange du phoque à tous les repas. cela m’allonge, cela m’allonge
  rien entre moi et mon rêve que le flou du temps mort, la trouble profondeur de l’inachevé
  à tâtons à reculons, ne manque que le vertige pour se rendre compte qu’il s’agit d’une chute
  pure et dure

  du plomb dans la semelle et dans l’aile : attendre l’impossible fait partie de l’ennui
  de l’angoisse de l’ennui
  alors je me tourne le dos, de façon définitive bien
  que saccadée

  je m’enfonce dans ma nuit
  un pas et c’est le vide – du moins ce qu’on pense être le vide, par excellence l’impensable
  la mémoire fera le reste, habillera les morts ou les déshabillera. je mourrai en-dessous, légèrement en-dessous
  d’une image en suspens

  du fond de l’œil je me scrute le fond de l’œil. l’air du large rafraîchira nos fronts
  nos bouches
  et on fera semblant de s’embrasser. seules nos lèvres trembleront
  la nuit remplacera la nuit. on appellera ça comme on voudra – simple refus
  d’obtempérer, par exemple..

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