l’art de couler

  il y en a qui tombés du jour
  ne recommenceront pas. ils ont la porte ouverte et le vent
  ne les déloge pas. ils pensent ne
  jamais revoir leur mère

  ta chatte elle a mauvaise allure, et qu’est-ce qu’un homme, un homme à reculons
  je regarde en haut, en haut comme c’est beau, je regarde en bas en bas comme c’est bas
  chez nous on pleure pas c’est comme ça, chez nous les hommes
  ne pleurent pas

  la mort c’est la mort et on n’en ressuscite pas, à moins que …
  l’inaliénable en chacun de nous, la teube sous le préservatif ou comment le dirais-je : la supérette à la sortie du
  crématorium, essentielle à toute heure

  dormir debout ne redressera pas
  le cours des choses, ni quelque chose, je me tue à rien dire – je me tue à rien dire et toi tu fais celle qui chante alors que tu chantes même pas, je meurs
  de quoi je l’ignore mais je meurs, ce qui ne
  ressemble à rien ou alors ressemble à tout ce qu’on
  aura vécu jusqu’à présent
  jusqu’à présent

  petite guerre, écarte les jambes
  que l’on s’essuie la bouche l’une sur
  et de l’autre. je ne suis pas un homme, excepté si l’homme
  s’incarne en exception, qui l’exempte de quoi par ailleurs, mourir nous contraint
  à la liberté ça fait mal

  j’ai un cheval, un cheval tout cru et lancé au galop, sauf qu’il n’avance pas
  qui ne va pas au bout de lui-même n’avance pas, je lèche à l’hameçon chaque
  morte, je libère la libido de chaque
  mort non finalement je crois que je
  vais passer la tondeuse

l'art de couler

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