la dernière fois que je suis mort, je me suis ravisé
c’était au carrefour d’une rue qui montait, et d’une qui descendait
par pure coïncidence j’imagine, ou comme par hasard
j’aurais pu me trouver n’importe où – d’ailleurs je me trouvais n’importe où
sauf chez soi
je suis l’homme certes mais l’homme de pas un cri
d’un soupçon de travers, comme on porte un œil de travers, un binocle de bigleux
et j’aime encore, et j’aime malgré tout
et malgré tout ça commence à faire beaucoup
ce n’est plus une question d’homme ou de femme, les uns se font tabasser
les autres aussi
on parle avec les mains, on parle avec les pieds, seul face au miroir
un miroir vous veut du bien
dieu n’est pas un homme mort, il a mûri depuis
il s’est maté des séries en boucle
il a senti l’odeur du sexe livré à soi-même
il s’est battu sur les chantiers
je voudrais mettre ma vie en pause, et mettre en pause celle de tous les résidents de mon quartier c’est mon quartier, mon quartier
est en vie
les pleurs qu’on pleure, ils comptent pour du beurre
le problème c’est pas de mourir, le problème c’est le sens
des cheveux blancs des cheveux noirs, des cheveux châtains aussi, d’une mer d’huile
alors qu’il n’y a plus de feu
j’ai que mon amour contre rien, ça me suffit
et même si ça ne sert à rien, servir ne sert à rien
j’ai mon amour contre rien, tant pis si ça
ne suffit pas

Laisser un commentaire