très peu d’angoisse au demeurant – la réalité dès qu’elle s’impose ne se dément plus, et cela nous dégage d’une paralysante ambiguïté
pas d’analyse, pas de synthèse, les commentaires eux-mêmes se révèlent superflus, anodins. le poème peut-être
à fleur de peau et d’eczéma
le poème fil à linge
on n’est plus habitué à ça, aux petites choses qu’on découvre finalement reliées aux grandes, et qu’il existe une totalité qui justifie que l’on parle de réalité, non comme d’un argument de masse mais comme d’un état englobant l’ici et l’au-delà, l’universel non-événement
accordé au fait brut
il est normal du coup que le ciel vire au bleu, que l’air se fasse vif. tu lèves la main et tu touches au sommet. tu te baisses et te grattes le mollet. tout revient à l’ordre primordial, au chaos printanier quoique outre-temps
la tête du mort dans le panier neuf
personne ne sait si le chien continue d’aboyer une fois l’homme parti, ni si cela résonnerait comme un espoir futile ou comme un enterrement définitif
je ne me reconnais en rien, ni même dans le fait de ne me reconnaître en rien – et cela m’ouvre le large, la friche herbeuse d’un hors-champ
oublieux des limites
où le temps est à perdre, fuite salutaire. ce n’est pas un vol de canards qui me fera rentrer chez moi
j’inocule la peur dans les yeux des chevaux, ne t’inquiète pas pour moi ce n’est pas vraiment grave: je ferai
le reste du trajet à pied
à telle heure du jour ou de la nuit, rien ne se passe, rien n’advient, murmure quant au néant
le beau néant
ni rond ni droit
ni dans l’détail, ni infini
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