maintenant je siffle

  le paradoxe fait éclater les coquilles vides. il met en évidence le vide des évidences, pour manifester dans toute sa splendeur et dans toute son anxiogénéité l’évidence du vide – ce défaut d’assistance, générateur de conscience

  au moins comme ça on revient à l’essentiel
  ce qui rend le monde habitable, l’existence vivable
  met en lumière l’ancêtre
  et la voie lactée

  sonnent les vêpres
  l’heure où tous les mésanges sont gris, le masculin fut-il encore en état de
  lécher le cul du féminin
  j’ai fini mon assiette
  mon assiette vide

  qui creuse assez profond en extirpera le fond, mais pas l’abîme
  l’assiette vide
  une assiette n’est qu’un fond, bordé d’un bord
  pour en délimiter le fond

  mon dieu pleure sur mon épaule, je lui dis pleure, o mon dieu
  sur mon épaule
  elle est libre pour le moment, tu peux y aller
  t’y poser
  t’en fais pas

  les déchetteries ont fermé
  certains, des femmes principalement, continuent à se laver
  pas seulement le visage
  tandis que d’autres commencent à sentir
  qu’ils perdent leur visage, que leur visage
  s’étiole

maintenant je siffle

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