en attendant la fin du monde

  dehors la nuit te fait pas peur, pourquoi, pas peur dehors, t’es qu’un homme mort
  tu ressembles à une ortie géante, la mort en complet-veston avec un nez de clown non,
  à une ortie géante

  quelqu’un me pleure
  j’entends quelqu’un me pleure, et de si loin j’entends pourtant quelqu’un
  me pleure
  le signe de croix chez les orthodoxes c’est par la gauche non par la droite là j’ai un doute la main
  finit à  plat sur la poitrine

  direct j’abandonne, je suis celui que
  toujours je fus quoi qu’il en soit, et tombant mal si c’est cela qu’il soit, et quoi que cela fut, tant que cela fut soi, de ce soi que je fus
  alléluia amen impur

  ta vie non mais ta vie mais quelle misère
  le tout-haut le tout-beau bon ça c’est fait
  il n’y a plus d’éternité, peut-être plus de drame du coup – plus d’homme plus de femme, ce risque inapproprié
  peut-être plus de drame du coup
  on ne se tue que pour sauver son âme

  ta mère la race
  et des traces de griffures sur la joue
  quand on fait rien on fait rien, c’est la pause clope
  je compte sur mes doigts les femmes dont j’ai léché la pomme et je crache, je recrache
  les pépins avec la langue, allez je rentre chez moi putain, je rentre
  chez moi, où tout m’est devenu si
  familièrement étranger

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *