t’arrête ta gueule, carnage ambiant
avale ton chant
je prends un ticket, un ticket c’est pas grand chose
un ticket ça coûte rien
grand est le rien, le rien est grand, et c’est à rien
que l’on se reconnaît
la pluie souveraine déficiente
mon garde-chiourme
ma barque qui prend l’eau
j’éjacule une neige, une neige d’ébène, un cheveu de blanche-neige
ramasser les bris de
miroir transi
il n’y a pas de
lieu sacré il n’y a pas
de cœur sacré, de pensée effective il n’y a pas
de poils sur un pubis
rasé il n’y a pas
il ne repousse pas il ne
ressuscite pas, celui qui
ne meurt plus
tu me gaves, je me gave
la mort jouxte, le sperme a l’amertume, j’ai pas de plan
tiré sur la comète, les gamètes en charpie – qu’une gommette afin
d’effacer tout cela tu te rends compte: afin
d’effacer tout cela…
tu pleures pur rien et c’est sur ça
que tu pleures, puisqu’il te faut pleurer
on s’abrite sous un
abri-bus quoi d’autre, dans une
cabine téléphonique non il n’y a plus de
cabines téléphoniques, les anges en iroquoise
porteront trempés
le virus de vivre
les âmes errantes, les
marges fluctuantes
mon ami enterre son chien, j’enterre mon ami, des femmes
n’ont plus de règles régulières, ça m’émeut
ça m’émeut de
n’aimer pour rien

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