un rien me corrompt, je m’touche la guerre

  faut que j’bouge: j’en ai marre
  d’attendre le miracle, le miracle m’use, et quand il survient je n’y crois déjà plus – pathétique miracle…
  il fait froid quelque part
  ailleurs on assassine

  tu me parlais tout bas, mais si bas
  que je n’entendis pas, du coup me sentant renvoyé à mon propre silence, épais, récitatif
  le sexe ébréché, la langue rêche et puis tout ravaler, la langue avec le sang
  l’air moite avec les dents

  l’oreille dans l’tas putain, l’oreille dans l’tas
  j’ai des bouches qui me mordent, mais pas tant de chair que ça finalement
  réciter les sutras ne m’aura pas fait débander, question de cadence apparemment
  lundi matin. tout m’est permis

  je parle pas dans ton micro, je parle dans le ventre du cheval, je prends
  le vent du nord en pleine face, me voilà tout ébouriffé, j’abandonne: j’ai déjà
  abandonné tout le monde en fait, jusqu’à dieu – parce que je ne désire au fond
  que d’être abandonné
  . je suis la bête

un rien me corrompt, je m'touche la guerre

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