un champ de mines à chaque semelle

  à force de tourner le vent finit par tomber, et c’est au centre de ça que je vis
  si tant est que je vives
  avec un trou au bord, et dans l’accord
  – un trou de soi

  surligne l’indifférence, ton indifférence indifférente à
  ton propre sort
  par ailleurs ni tien ni propre.
  l’hospitalité n’a pas de lieu
  rejoint-elle l’échappée

  à mâchonner machinale-
  ment son cordon
  ombilical, ça cale.
  tomber d’absence, raide d’absence, tomber d’aisance, j’y crois pas un
  instant – d’inanition c’est mieux

  la bouche pleine
  de gadoue ça racole mou.
  c’est bon je dors, tu peux y aller maintenant, t’en aller pour de vrai
  ou bien abuser
  sexuellement transmissible pas trop humain au premier abord, pas trop raccord, pas franchement
  d’accord

  mourir en fusion ardente
  ou geler, de long en large
  en rond d’poisson.
  la bague vide, la bague sans le doigt
  quelque part il reste un peu de place
  où étendre son ombre

  piteux état des lieux, mourir précaire.
  dans le noir échouer à retrouver ses deux mains, l’une à tâtons de l’autre
  il faux-semblant, il faux-semblant de rien
  – c’est ça

un champ de mines à chaque semelle

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *