ainsi que de ne rien faire, l’être

  tout à l’heure fera l’affaire. en attendant la mort m’écarte. est-ce ainsi que j’envisage la fidélité à moi-même ? la mort m’écarte je n’ai pas su m’y opposer, me refermer

  tu m’as laissé tes yeux, sachant que je ne détournerai pas le regard le premier. sachant que le dernier n’éprouvera pas le besoin de refermer la porte derrière lui, et quittera les lieux sans éteindre la lumière

  virevolte. plus que le geste compte la beauté du geste, dont le geste ne constitue après tout que le prétexte – presque l’excuse, si la beauté devait jamais s’excuser. tout le mal que je me fais…

  faut-il donc un permis de vivre, ou vivre en clandestin suffira aux jours de grand froid ? j’abdique face à la douleur. je me tourne vers la mort et si la mort me parle c’est qu’enfin je m’écoute, l’oreille fendue

  j’embrasse un nénuphar. je crois même que j’éjacule dessus, ou qu’on m’y crucifie, s’il y a une différence entre les deux. on doit certainement trouver une différence, en creusant bien. on trouve toujours quelque chose à creuser, en creusant bien

  je ne meurs plus de honte, je n’ai plus la place pour ça. la honte se suffit à elle-même, c’est à dire que l’insuffisance notoire ou la mort ne prend pas. elle respire. et par ailleurs n’y être pour rien c’est y être déjà. ou y rester encore. perdurer

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