tout ce que t’as envie, c’est que tout ce que t’as envie. ça meurt
et ça meurt à cause de quoi, ça meurt, à cause que le temps n’est pas, pas vraiment là non plus
et que quelqu’un ricane là de derrière l’arbre
lequel n’est pas un clocher, mais
mon ennemi de l’intérieur
je bourre mon sac de pommes, à chaque fois je bourre mon sac de pommes, et les laisse pourrir
même si je ne demande rien, la mort libère mon âme, la débarrasse du poids
avec ça je vais loin, pas très loin, nulle part probablement, où l’ici
s’essuie les pieds, l’ici
s’essuie les pattes
tordu le sens du monde, allons sans équivoque
rien à gauche (main en visière), que la gauche
rien à droite que la droite
allons devant qui devant va, à reculons comme s’il enfantait
mes premiers pas, tout petits pas
– à la moindre pensée pensé-je, je fuis
il y a un héros cloué à l’horloge de la gare, l’œil au front de la gare
vivre ne cesse pas de tuer la mort mais ne peut l’empêcher de ressusciter instamment, on n’y peut rien chapeau troué
c’est comme lancer une pierre, lancer une pierre, lancer une pierre
toujours la même…
il va bien falloir arriver à gerber quelque chose putain – cette nausée par exemple, ce gaz de tripes
mourir ne consisterait-il pas à recracher la mort justement, l’extraire enfin de soi, ou alors s’en extraire
plutôt mourir que mourir, vitre sale
ou plutôt sale que vitre, mourir mourir

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