cache ta chatte allez, cache ta chatte

  partir tout court, partir. partir partant
  tu te mêles de quoi, et d’autre chose que quoi ? tout ça pour ça, pour quoi pour rien, ça juste affleurant à
  la surface du rien, précaire immor-
  talité. il pisse dedans

  je t’observe venir et ce que je vois n’est pas joli, je t’attends là tout de
  panique retenue – aller ne va pas loin, partir ne décolle
  pas d’ici, des cheveux dans leurs boucles, d’un incongru
  pas de côté

  ne me laisse pas seul tu vois bien que
  j’avance à reculons, transi sur son transat, je coule à cloche-pied tu vois bien que
  je n’y arrive pas, ou si peu, tout juste de quoi
  ravaler sa salive ou te tacher la robe
  si tu portes une robe

  j’achète un verre d’eau. je ne rentre nulle part il n’y a pas de retour, de lieu
  originel et la mort
  toute en non-origine, en dehors perpétuel, trottoir universel
  dimanche banlieusard…
  si je remonte le temps jusqu’au présent, béant

  un homme comme ça, assis contre sa porte à se compter les doigts, chapelet maigrelet
  quelqu’un manque à l’appel – le monde
  respire par ses gouffres, s’évade par ses failles
  s’approfondit de ses manques
  un temps voilà volant à la rescousse
  d’un temps

cache ta chatte allez, cache ta chatte

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