on se promène dans un parc, on se promène: nul parc
il a fait gris pourtant
toute la journée
habitant ce qui nous habitait, on pensait même en rester là, ne produisant rien
d’autre que soi, vide du temps
je ne sais pas décrire
sans doute parce que je ne sais pas regarder
pas regarder les choses du moins, tandis que le regard
fuyant sous le regard
insufflant le regard
dé-cernant, dé-cillant, dé-ridant le regard
se tient comme en suspens, face à l’effondrement
naturel ou sur-
naturel des choses
o ventre creux d’un beau soleil, les mains au cul du tien à quel bonheur
rêves-tu, quand tu ne dois te contenter que d’un
trognon de vérité?
machinalement, machinalement somme toute j’ai retiré mon œil, remplacé par une vis, un sommeil douloureux
le reste à l’avenant
il ne se passe rien, à ceci près
qu’il ne se passe rien: un monde s’effondre pas plus, une joie,
une douleur s’écourtent
tu voudrais toucher quelque chose qui n’existe pas, et dont l’image déjà vacille au bout des doigts
puis retourne au néant
roucoule le crapaud, stupéfait d’exister.
tu gères pas grand chose, ta petite vie tu dis, ta petite vie en friche, comme un fait accompli
rien ne soutient le ciel, pas même une pensée: tu peux sans remord t’affaisser
il tient tout seul, là, comme il continuerait à tenir s’il ne surplombait rien, un caillou dans la botte
une poussière dans l’œil
linceul où l’eau courante…
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