la lampe sonne
on ne l’entend pas, mais assez fort malgré tout pour qu’on n’entende rien d’autre non plus, et que son inaudibilité recouvre tout ce qui chercherait à crier sa rage d’exister dans l’espoir peut-être de
faire péter le plafond…
chto èta?
èta lampa!
lampa?
da, èta lampa!
et elle sonne faux
à demi mots tu dors
te croyant nue
ou telle
telle que nue
frappant d’invalidité le réel, de péremption le présent
ou quelque chose d’analogue
aux trois quarts mort, que faire du dernier quart ?
une seule rame pour remonter tout un courant de pointes tu n’y arrives pas, tu décroches au milieu, au milieu tu dis moi je décroche
est-ce que couler va mieux, à pic et à poc ? te prends-tu réellement pour un pou, un véritable pou: obole dans l’écuelle
de fer, ou la bouche du mort ?
j’y allais
j’y allais quand tout l’espace s’effondra là devant moi, ne laissant qu’un vide béant de brume grise
de brume bleu-grise exactement
: encore une chose que je n’aurais pas accomplie, un possible rayé, un pont mal embrayé
une chose de plus à oublier dans les tiroirs du mal de vivre…
dans la mort il y a ce qu’on pense quitter et il y a ce qu’on pense trouver
une table, une chaise à la fenêtre, fidèle à la fenêtre
un lit dans un coin, un radiateur dans l’autre, à qui la fonte?
un homme qui cherche en creux le moyen pur de se suicider mais soudainement pense qu’il a soif
alors se lève une fois encore
se lève
et c’est précisément comme s’il se pendait, pense t-il exorbité
quelques mots écrits à la va-vite, comme ça, entre la porte qui ferme et
la porte qui s’ouvre, la même en l’occurrence
on participe de la réalité, on peut le dire ainsi – même moi, d’une certaine façon, on peut dire que je participe
de la réalité, au pied levé
– est-ce que cela me rassure? non, pas vraiment

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