chaste

  chambre avec vue sur la mer quand la mer s’est retirée, définitivement soustraite à notre étreinte, pas si mortelle que ça l’étreinte
  on se privera de mensonge, on se privera de vérité, pensif au passage des cadavres, des bouts de craie flottant avant d’avoir fini leur texte
  et moi qui croyais que, alors que non évidemment…

  c’est le mort et quand il prend ça pour toi, qu’il prend les coups pour toi
  peut-on être deux fois de suite nénuphar tu sais bien que non, il n’y a en soi de place
  que pour un nénuphar
  un seul portail, une seul issue, un mec qui part en vrille sous le nuage exactement, sous le nombril digital

  j’ai d’une pierre deux coups dans mon sac, m’en veux-tu pour autant?
  à l’unique question la seule et bonne réponse sera la première venue, la chambre à air crevé
  percée, crevée, mais libérée – le cercle retourné, l’oxygène érotomane
  ma source malade, mon esprit malade, et ma maladie s’en fuit…

  cherche un bonheur, un petit bonheur tranquille après tout c’est dimanche, un dimanche  sans fin
  d’espace à décoloniser, de femme ayant renoncé à sa féminité, ses bonnes résolutions, ses amitiés
  qu’un sexe à tort et à travers, à peine humain, tout juste débauché
  je défriche un sapin, un sapin ça brûle bien

  je prendrai sans hésiter le parti de l’hirondelle. les mecs font deux déploient leurs ailes, les pôles se décalent, les pôles à reculons
  des âmes sans boire, des âmes qui font joujou avec leur désespoir, les osselets en rade
  je n’arrive pas à dire, toute la bouche gerce, j’ai beau tâter leur chute

chaste

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