les souillures du présent passé futur

  rentre-moi dedans regarde comme je suis sage. enfonce ton ombre et bourre avec le pouce, ce n’est que moi tu sais, le trou de moi
  – à l’enfant bouche bée
  ne vends pas la misère

  s’affranchir de la pesanteur n’a jamais noyé un boulet, et les morts eux-mêmes doivent certainement se trouver ivres de quelque chose
  de néant ou d’ailleurs
  j’en sais rien

  on s’est battus comme des chiens, mordus lacérés déchirés, moi et l’ennui d’exister
  et tout ça pour une gonzesse, le cri d’un jour nouveau,
  le sang d’une marelle…

  j’ai le chant rare, la bruine entre les jambes mais des ballons dans ce qui me sert de corps, soupapes versatiles, et sans lesquels aller
  s’enfoncerait plus bas encore
  puantes catacombes

  j’ai marié mes deux filles – seule l’une a rougi
  le même jour, au même type, selon le même rite. seule l’une a rougi
  l’autre je sais pas. j’imagine qu’elle
  m’en veut encore…

  un chien me garde les entrailles, quand il me les bouffe pas. elle m’a dit de ses grands yeux qu’elle sortait de l’hôpital, où elle avait du séjourner quelque temps
  qu’elle s’était faite agressée
  elle a dit ça, à moi, du bout des ongles ras
  alors je l’ai tuée

les souillures du présent passé futur

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