rase ta mère

  sans discontinuer. mon sexe n’est plus vraiment le mien – agissant seul, il coule sous la surface, ophélie-crapaudine. un chien le ramasse avec ses dents

  ma mère ne se souvient plus de mon nom. qu’elle m’appelle émilie ou non, ou non revient au même. ma mère fume toute la sainte journée. j’ai pris ça d’elle. ça et sa toute violence

  que ceux qui prennent place n’obstruent pas ma marche triomphale vers le grand horizon. on lui torche le cul. on le remonte vieille horloge. on se frotte le gland sur ses cheveux mouillés. on le hors-lieu, inoccupé invétéré

  comme une odeur de rue post-manif, déréliction de drapeau chu, l’air vicié, l’étant non-prédestiné. de la boue des marges je m’élève, s’élève une sourde clameur. d’un silence omniscient

  voilà je ponds un œuf – que va t-il advenir dorénavant, forts de nos artisanales faillites, un doigt d’honneur à la dérive… j’ai réanimé le chien ancestral et le voici qui m’aboie après, moi qui ne revendique aucun droit

  seulement ta vie, je ne veux que ta vie. et tu crois pouvoir ma contenter de si peu, présomptueuse? non, c’est ton âme, espace irrémédiable, œil irréconciliable, toute ton âme que je désire non posséder mais habiter, occuper, animer. trouver le lieu

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