je dépose quelques noix, ou plus exactement quelques coques de noix. mauvaises coques, ciel plutôt bas
de quoi vivre quelques années encore, broutant l’herbe rase sans foudre véridique
moi le plus vieux de mes copains, j’annule tous les copains
quoique une envie d’y retourner, de se faire appeler par son nom, un nom qui n’appartienne qu’à soi, une auge à son odeur
demeurer sous le plat de la main résorbe les escarres, je revivrai demain – mort ou vif je revivrai, taillis de mentales courbatures…
ma mission s’achève là – j’embrasse à contre-courant les bouches, les hanches doubles
c’est une façon de se rappeler au présent, d’abord afin de l’exorciser, puis de le soustraire à la fatalité des enchaînements
un bout de pomme eut fait l’affaire, le trognon passera aisément au travers
contre quoi se débattre. l’ennui, un ciel radieux… finir l’assiette et après quoi
se rendre aux hasards de l’un, à cloche-pied de mare en mare, prenant soin d’éviter l’inévitable, s’exonérer de l’inexorable
ainsi coulant d’aplomb dans l’inconsistance-mère
une tasse de café noir pour tenir tête à la tempête, tête entre les mains de la tempête, matin-bouillasse la tempête
d’un ticket de métro parti en vrille, dérive en solitaire, l’itinéraire aléatoire et le retour aux sources franchement taries, piteux retour aux cendres…
un pied en terre à narguer le néant, l’autre à la ramasse à hanter le néant…
Laisser un commentaire