foudre minimale

  ceux qui ont tout perdu, qu’aucun statut, aucune possession ne dis-simule. ils boivent l’eau au verre, tel est le sens de leur démarche
  ceux qui marchent sous le ciel savent-ils seulement qu’ils marchent dans  le ciel?

  cheval restant, plutôt pas dominant. une fierté sans doute, succédané de dignité
  il va souvent comme ça, par le geste bredouille et revenant à soi
  ou de soi laisse-le faire

  on broute pas. nos mains de reverdir. on s’y attache encore faut-il donc qu’on s’attache, se rattache
  un peu plus haut la vue va longue mais qu’est-ce qu’un peu plus haut, flaque de trou
  : j’arrache un pan de mon oubli

  ceux qui vivotent là derrière moi, passants sous l’aile du rempart. amants dépossédés de lumière réelle, celle initiale du regard
  ou d’un regard tordu tu me rattrapes in extremis, comme si le trou pourvu d’un bras, au bout duquel clignotent les cinq doigts d’une main de fortune
  ne manque que moi à ma débâcle…

  qu’il vente ou qu’il pleuve, rien ne sert d’achever sa maison. je ne crains pas de m’ébranler matin je m’enlise par simple
  manque de conviction. je m’enlise et j’y vais. nulle frontière ne s’immisce entre ici et là-bas, ici flottant si loin déjà
  au dos du bel écueil…

foudre minimale

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