absentia

  alors, tu fermes ta nuit ou tu la manges avec eux?
  la mort sous mon acier très dur flotte en toute raison. je n’entends plus
  l’appel à me perdre, partageant mon pain avec
  les moineaux du quartier

  campagne ardue, campagne, et le soin qu’on y met
  celui qu’on prend de soi en tombant raide d’un pont, si frêle pont
  droit devant droit dessous, à s’en écorcher l’ombre à s’en
  déchirer le tatouage

  j’ai bien fait de ne pas me suivre, de ne pas m’asseoir là juste à côté de moi, repérant les lieux à l’aune de nos habitudes
  je le regarde regarder, le poing discret, sous le poids de l’assise, entre un seul arbre creux
  la bonté aura perdu tout courage, gelant la veine à main nue sur son zob

  toute la pensée c’est pas pour nous, penses-tu – on y plantera des trous par où piquer l’œillet
  si seulement le vide pouvait s’arrêter de trembler, rien que la fixité d’une non-image me rassurerait
  – ce besoin tout le temps d’être rassuré, par cela même qui menace…

  c’est la dernière nuit que je passe avec toi, mon esprit, et par esprit j’entends l’ennui, l’intime rumination
  il faudra penser à changer l’eau des fleurs aussi, peut-être même le vase
  les fanées on les gardera contre soi, traitant notre sexe en poupée chiffon trempé, et de surcroît toujours en panne
  de providence…

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