et puis ma tête a foutu l’camp. ce n’est pas moi l’premier, ni de la dernière trombe
j’ai juste un peu saigné des pieds, juste un peu remonté la bretelle – il fait jour si tôt, bave-moi encore un coup
plus rien ne me distance. de même seul au milieu, le cercle s’est clairsemé – y a même plus d’cercle du tout
c’est un rituel à vide, un long congé sans solde,
l’hostie sans rémission
mourir n’est pas une option, je te manque toujours un peu
le sommeil cunégonde. je faiblis. le feu s’est refroidi
pas de courrier pour moi. je-courrier n’existe pas. un fantôme de factrice court en mode poulet sans tête
comment m’embrasseras-tu si je n’ai pas de lèvres, de dents de langue – d’une bouche servant de crachoir
d’où l’amour clandestin
chaque fois qu’un homme est mort en moi un autre se relève et tant pis si c’est jamais vraiment le même, tant pis s’il me suce les seins alors que je déteste qu’on me suce les seins
chaque fois qu’un homme en moi c’est encore moi qui cède, flanche, succombe
à qui donc demander pardon? de qui implorer la pitié? face à qui ne plus résister?
l’oubli est la mort véritable. la mort concerne avant tout la mémoire – hors la mémoire la mort demeure inactive, coït sans conviction
je marche le long je marche le large, allant venant et revenant, je marche à l’unisson
je me souviens – qui se souvient? je me souviens pourtant
je dépose une pièce dans le gobelet. une grosse ou plusieurs petites, je sais pas c’est quoi le mieux
Laisser un commentaire