l’amour sous camisole

  s’asseoir
  à l’ombre de soi-même, un moment seulement, pas trop longtemps
  juste de quoi s’assurer en se penchant un peu
  qu’un vide nous soutient, accentuant le vertige
  – se relever, oui, mais pour aller où, faire face à quoi?

  il y a un Refus en moi, je m’ancre dans un Refus
  tant qu’il dure il n’y aura pas d’issue. tant qu’il dure néanmoins je ne m’effondre pas, je reste droit
  sur mon céans, sur mon ci-gît
  sur ma queue nauséeux

  il n’y aura pas de comptes à rendre, il n’y en eut jamais
  il bruine. imperturbable il bruine
  c’est sans savon que je vais, sans la marque d’aucune repentance. rien ne me lave
  quelqu’un a joui. je ne crois pas que ce fut moi

  j’ai ri avec mes dents – il me faudra apprendre désormais à rire sans, à rire outre
  bouche close, muscles détendus, de la boue dans les chaussettes
  – est-ce vraiment avancer que glisser sur la pente rase
  et retenir le souffle?

  une fois encore une fois dis-moi: que discernes-tu dans ta boule de mistral, ta baudruche ton cerf-volant
  on dissèque le cerf on déchiffre les entrailles et on voit bien qu’il eut été plus heureux
  à planer dans ses bois…

l'amour sous camisole

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