la mer s’est soulevée quelque part, elle a gonflé, relevé un sourcil ou quelque chose comme ça, j’ai craint le pire. j’avoue que je le crains encore. je suis du genre craintif, un enfant du danger comme on dirait sans même rouler un r. c’est bizarre de ne pas savoir où l’on rentre, hanté malgré tout de la certitude de rentrer – comme si au fond nous nous refusions tant au dedans qu’au dehors, dans un épatant jeu de jambes ne fouettant que du vent…
mourir content n’est pas content. chanter la bouche creuse ne va pas content, un filet de bave en plus. j’ai donc baissé les armes, et c’est là que tu t’aperçus de mon érection. les dents n’y pourvoyaient plus, les gencives bousillées. il a fallu y faire un nœud, recoudre quelque chose. mais comment faire face à telle inconséquence, et quelle indélicatesse. il n’y a pas de pardon, je me suis simplement couché sur le côté
à la nage ou du revers de la main, je ne sais plus. toute ma maison à moi tombée en ruines, partie en cendres je ne sais plus. si je sais quelque chose c’est qu’un ange a menti, s’est introduit un doigt dans le vagin on dit que parfois ça suffit, parfois pas. une chose est sûre en tout cas: d’un cercle à la dérive ou d’une onde de choc, je n’ai pas eu le choix. non, pas le choix
chante de loin, pompon-lilas, chante de loin et le ciel rougira. en attendant je ne fais rien, j’admire le chemin vide. en attendant que l’eau bouille la soif est de retour et ce n’est pas rien, non, on ne peut prétendre que ce soit rien. en attendant je ne fais rien. c’est encore un cheval mort qui hennit en moi. cela non plus, on dira que tu n’y es pour rien. c’est l’hiver à nouveau…

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